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Spectacles saison 2004 - 2005

Repères
 Il n'y a plus rien
 Les Belles-Soeurs

 

 Il n'y a plus rien
de Robert Gravel
mise en scène de Stéfan Perreault
avec (Nadine Dupuis) (Monique Caron) (Sammy Benjamin) (Prud'homme) (Soeur Luc-Gabriel) (Madame Zachary) (Yvan Toothpick Trudel) (Madame Léopold Vendette) (Théresa Estrada Suarez) (Théo Fontaine) (Monsieur Adrien Gagnon) (Dédé Caron) (Madame Alphonse Lussier) (Gaby)Andrée Charbonneau, Annie Roy, Bernadette Fournier, Daniel Lefèbvre, Frédérique Laliberté, Isabelle A. Tremblay, Jean-Philippe Denis, Julie Garceau, Marie-Claude Savard, Pierre Hupin, Robert Dusablon, Sébastien Bougie, Véronick Raymond, Vincent Barrat

Représentations du 03/03/2005 au 26/03/2005 (Espace Geordie)
Durée de la pièce 50 minutes

Synopsis
Robert Gravel a vécu intensément sa passion artistique. Né à Montréal en 1944 et décédé d'un infarctus en août 1996 à l'âge de 51 ans, il a co-fondé nombre d'institutions théâtrales importantes au Québec : Théâtre Expérimental de Montréal, Nouveau Théâtre Expérimental, Espace Libre et Ligue nationale d'improvisation. Au cours de sa carrière, Robert Gravel a écrit, dirigé et enseigné, en plus de jouer sur scène et à l'écran. On le verra ainsi à ses débuts avec Paul Buissonneau à la " Roulotte " puis dans nombre de pièces au NTE, au TNM et chez Duceppe. À la télévision, il interprètera plusieurs personnages : il marquera, entre autres, plusieurs milliers de téléspectateurs dans son rôle de Miville dans le téléroman L'Héritage de Victor-Lévy Beaulieu.

La pièce Il n'y a plus rien fait partie de La Tragédie de l'homme, une trilogie créée par Gravel entre 1991 et 1997. Et ce n'est pas là un détail sans importance : aux rires qu'elle provoque, cette pièce peut se laisser voir comme un divertissement léger et sans conséquences. Mais son inscription dans une trilogie nommée Tragédie de l'homme nous indique clairement que son propos n'est pas si drôle qu'il y paraît.

Nous plongeant en pleine période de Noël dans un centre de soins de longue durée ressemblant à tant de lieux ayant défrayé la manchette récemment, la partition scénique de Gravel nous confronte à notre solitude et à notre vulnérabilité face à la vie et à la mort. Elle nous présente, comme une ultime farce, nos comportements déplacés, nos ambitions matérielles, nos quêtes d'amour et de tendresse et nous abandonne dans une boucle infinie qui nous chuchote qu'il n'y a plus rien… À ce message un peu désespérant, la joie de vivre de Gravel se conjugue toutefois, ce qui nous sauve, au moins pour un moment encore, de ce vide vers lequel nous sommes destinés.
Véronick Raymond

 Les Belles-Soeurs
de Michel Tremblay
mise en scène de Stéfan Perreault
avec (Lisette de Courval) (Lise Paquette) (Rhéauna Bibeau) (Angélique Sauvé) (Thérèse Dubuc) (Yvette Longpré) (Rose Ouimet) (Marie-Ange Brouillette) (Linda Lauzon) (Gabrielle Jodoin) (Germaine Lauzon) (Olivine Dubuc) (Pierrette Guérin) (Des-Neiges Verrette)Annick Terral, Annie Roy, Carole Asselin, Céline Cossette, Christiane Paillé, Dominique Lafrance, Frédérique Laliberté, Isabelle Dallafior, Isabelle L, Julie Garceau, Marie-Eve Pettigrew, Sébastien Bougie, Véronick Raymond, Véronique Bessette

Représentations du 10/03/2005 au 29/03/2005 (Espace Geordie)
Durée de la pièce 110 minutes

Synopsis
Avant Michel Tremblay, le théâtre québécois n'existait pas : on parlait alors de théâtre canadien-français et le répertoire dont il était question était assez limité. S'inspirant de multiples styles, sources et matériaux, Michel Tremblay élabore à partir des années soixante - et continue de le faire présentement - une œuvre d'une richesse fabuleuse : théâtre, roman, opéra, contes et nouvelles, tout y passe !

Né en 1942 à Montréal sur la rue Fabre, Michel Tremblay écrit dès l'âge de seize ans. Sa première pièce Le Train, écrite en 1959, lui vaudra le premier prix du Concours des jeunes auteurs de Radio-Canada. Sa seconde pièce, Les Belles-Sœurs, dont l'écriture remonte à 1965, sera lue publiquement au CEAD en mars 1968 et jouée pour la première fois en août 1968. C'est grâce aux efforts soutenus de Denise Filiatrault que le Théâtre du Rideau Vert acceptera de prendre le risque de présenter cette pièce d'un nouveau genre au Québec et dont la langue " jouale " surprend tant à l'époque !

Dès sa première, Les Belles-Sœurs génère donc éloges et controverse : si le Devoir parlait de chef-d'oeuvre, d'autres parlaient d'une horreur. Bien que le débat dure un certain temps, c'est la pièce de Tremblay qui l'emporte sur ses détracteurs : près de quarante ans plus tard, Les Belles-Sœurs a été traduite en plusieurs langues et continue d'être jouée un peu partout à travers le monde. Ici à Montréal, elle a même été jouée en yiddish !

L'histoire se résume ainsi : dans la cuisine de Germaine Lauzon, se retrouvent quinze femmes pour une corvée de collage de timbres-primes Goldstar, leur hôtesse en ayant gagné un million dans un concours. Si l'histoire semble simple, le sous-texte et les interactions ne le sont guère. Pendant que les hommes sont à l'usine, les femmes sont enfermées dans leurs cuisines, aliénées par leur incapacité à communiquer entre elles et dépassées par les transformations sociales qui se trament sous leurs balcons et sur leurs écrans de télévision. Trahisons, jalousies, vies de femmes dans le Montréal ouvrier catholique, en pleine Révolution tranquille : l'ensemble offre un tableau surprenant d'un passé pourtant pas si lointain !
Véronick Raymond